La compréhension, la connaissance des diagnostics infirmiers n’implique pas la capacité de les utiliser au quotidien, une fois que l’étudiant(e) a obtenu son diplôme.
L’enquête menée par nos collègues françaises pose d’ailleurs la question et nous offre plusieurs pistes de réflexion.
Comme tout enseignement, celui des diagnostics infirmiers vise le SAVOIR-ETRE :
« Désigne les activités par lesquelles une personne manifeste non seulement sa façon d’appréhender sa propre personne, les autres, les situations en général, mais aussi sa façon d’agir et de réagir. C’est sa façon de se poser en tant que personne. » (DE KETELE J.M. ,ROEGIERS X.) (1)
Ce savoir-être est en fait un SAVOIR FAIRE COGNITIF ou PRATIQUE passé dans l’habitude, intériorisé et spontané.
Ce savoir-être résiste au temps.L’acquisition et l’utilisation des diagnostics infirmiers ( y compris le choix des interventions et l’évaluation des résultats ) est donc un savoir-être à atteindre.
Il faut un processus d’appropriation de ce savoir ; c’est grâce aux interventions choisies et surtout aux résultats obtenus, au quotidien, que les nouveaux ( nouvelles) diplômé(e)s entrent dans cette phase d’appropriation, affinent les concepts et deviennent performants… pour autant que les pré-requis soient présents dans les institutions où ils (elles ) ont choisi de travailler. La même constatation s’applique aux infirmières formées après leurs études.
L’AFEDI a toujours été attentive à ces difficultés et lors de la journée de réflexion du 23 mars 2001, elle a réaffirmé ses priorités :
- soutenir les gens de terrain qui s’engagent.
- démontrer les bénéfices de la démarche en soins : diagnostics, interventions et résultats.
- réseau d’échange interne-externe.
- réseau d’échange interdisciplinaire.
- argumentation du lien entre diagnostics, interventions et résultats.
La négociation avec le client fait également partie du savoir-être évoqué ci-dessus. Le client est directement concerné par la validation du diagnostic ( quand son état le permet ) pour le choix des interventions et des résultats obtenus ; c’est lui qui est le mieux placé pour accepter les interventions proposées et atteindre les résultats escomptés. Il aspire de plus en plus à être un partenaire de soins, un acteur de santé. Il peut même nous apporter son expérience dans la gestion de certains problèmes.
En choisissant le thème de nos 11èmes journées d’étude « Soins infirmiers et maladie chronique » nous souhaitons aller dans ce sens avec notamment le symposium : « Les usagers ont-ils les réponses professionnelles qu’ils attendent ? ».
Nous vous attendons nombreuses à ANGERS pour partager vos expériences, vos interrogations, vos réussites et surtout vos projets.

M.T. CELIS , Vice-présidente

(1).DE KETELE J.M. ,ROEGIERS X. : 
« Méthodologie du recueil d’informations »
Pédagogies en développement.
Méthodologie de la recherche . De Boeck .1991 pp 24, 25